samedi 9 février 2019

Nicolas TRIFON, Les Aroumains, Un peuple qui s’en va

Nicolas TRIFON, Les Aroumains, Un peuple qui s’en va, Edition Acratie, 2005, 480 pages. (isbn : 2-909899-26-8) 

Résumé par Jean-Arnault Dérens:

Dans la configuration nationale des Balkans, les Aroumains occupent une position tout à fait spécifique. Ce peuple de bergers semi-nomades et de commerçants, historiquement concentré dans le massif du Pinde, dans le nord de la Grèce, ainsi qu’en Albanie et en Macédoine, a conservé comme un trésor précieux sa langue, d’origine latine, proche mais différente du roumain. A partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les Aroumains ont développé un mouvement national, comme tous les autres peuples des Balkans. Cependant, ce mouvement n’a jamais exprimé de revendication territoriale ni étatique. Perçus en Roumanie comme des « Roumains du sud du Danube », vus par la Grèce comme une composante de l’hellénisme, les Aroumains représentaient donc une exception, et même une « anomalie », quand les Etats-nations affirmaient leurs prétentions exclusives dans les Balkans.


Nicolas Trifon rassemble ainsi l’essentiel des connaissances sur l’origine des Aroumains et leur histoire, jusqu’au renouveau culturel de ces dernières années. Inscrivant son propos au cœur des débats sur le phénomène national, il démontre la place singulière de ce « peuple en trop », au regard des critères dominants depuis le XIXe siècle. Une pièce souvent cachée, mais essentielle, de la mosaïque balkanique.

Jean-Arnault Dérens

Mon avis:

Cet ouvrage, je l'avais acquis en 2005 car j'étais réellement intéressé par les minorités vivant en Grèce. Le sujet des Valaques, Koustovalaques, Aroumains...etc était une problématique qui m'attirait tout comme les Pomaks, Arvanites et autres Sarakatsanes. La différence est que la langue des locuteurs est au centre de ces questions de minorités autres que Sarakatsanes qui n'ont pas de langue identitaire autre que le grec moderne (démotique).

Nicolas Trifon est LE spécialiste francophone sur ce sujet, son ouvrage polémique sur la question de la disparition prochaine et annoncée de ce peuple à la langue particulière (issu à l'origine des langues roumaines). L'ouvrage est particulièrement captivant sur le sujet, documenté, vaste et n'oublie que peu de thématiques liées à la question aroumaine. La bibliographie est très utile et emmène vers des auteurs étrangers qui eux aussi apportent des éléments précieux pour comprendre le peuple Aroumain, ses origines et ses perspectives de survie. L'outil cartographique et les études de l'auteur sont précieuses, la lecture est très instructive et on est vite captivé par le sujet.
On s'attache rapidement à ce peuple via les pages de l'ouvrage, la cartographie et les études complémentaires de quelques auteurs dont Pr.Béis donnent toute l'envergure de ce sujet qui évidemment n'est pas dévoilé dans l'actualité de la société grecque.

Pour les intéressés, il existe quelques autres ouvrages de Nicolas Trifon et un recueil de chansons bilingues (franco-grec) koutsovalaques de Thessalie qui permettent de poursuivre la réflexion sur le patrimoine Aroumain: Samuel BAUD-BOVY, Les chansons aromounes de Thessalie, Ekdotikos Oikos Adelfon Kyriakidi, Thessaloniki, 1990.

Ma note: 8,5/10

vendredi 8 février 2019

Nicolas BLOUDANIS, Histoire de la Grèce moderne 1828-2012

Nicolas BLOUDANIS, Histoire de la Grèce moderne 1828-2012, L'Harmattan , Collection Historiques , 2013, 240 p.

(ISBN : 978-2343015903)


 Mythes et réalités : une vision décapante de l’histoire grecque moderne, débarrassée de ses clichés nationalistes





L'histoire de la Grèce moderne est assez mal connue à l'étranger, victime de sa « soeur aînée », celle de l'Antiquité... Cet ouvrage ambitionne de la faire connaître, dans ses principaux aspects et de la manière la plus objective possible. Il tente de retracer l'itinéraire d'un pays qui a parcouru un chemin considérable depuis sa naissance jusqu'à la grave crise économique et sociale qui la secoue depuis 2009.


Mon avis


Cet ouvrage est un bon recueil pour disposer des connaissances nécessaires pour déchiffrer l'histoire contemporaine de la Grèce. La lecture est plaisante et claire, l'historien offre un résumé abprdable pour tous. C'est un  premier livre pour s'initier à l'histoire de ce pays... Il faudra se doter d'un nouvel ouvrage plus technique pour approfondir sa connaissance.

Ma note: 6,5/10

mercredi 6 février 2019

Michel SIVIGNON, La Thessalie analyse géographique d'une province grecque

Michel SIVIGNON, La Thessalie analyse géographique d'une province grecque, IER Lyon, 1975, 572p.

Une critique du "maître Bernard Kayser", géographe de renom en géographie rurale et spécialisé sur la Grèce qui analyse la thèse publiée de Michel Sivignon. Il est intéressant de lire cet article publié dans les études rurales...


Mon avis :

Il s'agit d'une thèse de doctorat publiée en 1975 et issue d'un long travail de terrain avec en éléments de contexte un pays européen qui souffre encore d'un retard économique sur ses voisins européens. La Grèce est ce pays très fortement représenté par le secteur agricole et un développement timide du secteur secondaire. 


Il est d'autant plus remarquable que l'étude est réalisée au sein d'une province ou région qui est représente une forte activité agricole à l'échelle du pays.

L'ouvrage est celui d'une étude géographique dans toute sa grandeur avec un plan tout à fait classique d'un chercheur géographe. Le travail est méticuleux et détaillé avec une démarche scientifique tout à fait remarquable mais qui peut lasser tout lecteur non-habitué à ce type de lecture. Les données et chiffres s'enchainent, l'auteur tente d'animer son discours à l'aide de cartes et d'illustrations pour égayer le document. Mais, c'est bien un travail de Géographie au sens noble du terme.

Les plus passionnés et les plus téméraires pourront en venir à bout, les autres pourront se lasser rapidement de cette somme d'informations qui se succèdent sur près de 600 pages.

PS: Petit clin d'oeil, ma thèse dans la bibliothèque comporte une petite dédicace de Michel Sivignon à Bernard Kayser en référence à son hébergement à Athènes en 1963... Collector!

PS2: Je me rappelle de la remarque aigre de Mr Sivignon lors de ma soutenance de mémoire de Master quant à la mauvaise reprise des éléments bibliographiques de sa thèse. Elle avait quelque peu ternie ma présentation orale après cet honneur d'avoir son regard sur mon travail de géographie de la Grèce, en région Thessalie (Mont Pélion)...

Ma note: 6/10

Régis DARQUES, Salonique au XXe siècle

Régis DARQUES, Salonique au XXe siècle, CNRS Éditions, Collection Espace et Milieux, 2000, 392p.
(ISBN : 2271056608)               
Résumé (extrait d'un commentaire de David Carasso, Cosmopolis.ch, 2000):

De la cité ottomane à la métropole grecque

Le 26 octobre 1912, après plus de quatre siècles de domination turque, Salonique redevient grecque. une ère nouvelle s’ouvre avec la fin de la première guerre balkanique qui libère la ville pour la rendre à ses occupants premiers. Cet événement inaugure une série de transformations majeures. C’est le début d’une grande entreprise de « colonisation intérieure ».

Comment la cité ottomane cernée par ses antiques murailles a-t-elle progressivement évolué vers la métropole moderne d’envergure internationale que l’on connaît aujourd’hui, forte de son million d’administrés ? De la ville à l’agglomération puis à la région urbaine finale, comment le double processus d’expansion et de restructuration s’est-il appliqué à l’espace urbain et à la population locale ?




La cité cosmopolite du début du siècle s’est effacée par étapes successives. La mosaïque de populations juive, slave, turque, valaque, albanaise, arménienne a été remplacée par un flot d’immigrants et de réfugiés hellènes issus d’horizons proches ou lointains, dans un va-et-vient incessant de mouvements migratoires contraires. L’exode rural et les retours migratoires d’Allemagne ont entraîné une densification des constructions, et une expansion périphérique remarquable. Pourtant, la refonte du bâti, les aménagements multiples et le déferlement de l’urbanisme « néo-hellénique » n’ont pas fini d’effacer les traces de la capitale économique de la Turquie d’Europe, et d’en faire une ville sans histoire ou sans mémoire.

Déclarée capitale culturelle de l’Europe en 1997, distante d’une quarantaine de kilomètres de la frontière slavo-macédonienne, Salonique s’établit en avant-poste européen face à une péninsule balkanique soumise à de nombreuses vicissitudes : difficultés économiques graves, conflits ethniques ouverts ou latents, rouages politiques bloqués ont fait fi des espoirs de renouveau perceptibles au début de la décennie 1990.

« Le concept de la tutelle d’Athènes est parfaitement saisi avec sagacité et astucieusement présenté. L’évocation du point de vue avancé par P. Risal (Joseph Nehama) dans son ouvrage La ville convoitée qui vient d’être traduit en grec, vient très à propos. Le démembrement de l’Empire Ottoman a privé Salonique de son hinterland reléguant son port en second rang au profit du Pirée. Maintenant que les passions patriotiques se sont apaisées et que le regroupement régional est de mode et surtout imposé par des intérêts communs, il semble que Salonique puisse devenir le siège d’une association Balkanique avec les Directions des Services Financiers, Economiques, Commerciaux et Culturels, son port viendra au premier rang. Le Thermaïque prendra revanche sur l’Attique.

L’incendie de 1917, l’arrivée de réfugiés, l’anéantissement de la Communauté Israélite, la reconstruction, l’imbroglio des propriétés foncières et d’autres sujets fort intéressants sont traités avec compétence, perspicacité et objectivement, malgré les entraves de l’Administration pour faire disparaître certaines bavures politiques qui portent atteinte à l’image de la vie sociale et culturelle de la ville. » 


Mon avis:
 
 Cet ouvrage est L'OUVRAGE à disposer dans sa bibliothèque de géographie de la Grèce contemporaine. Il s'agit d'une publication issue de la thèse de doctorat de Régis Darques, c'est une référence rare concernant la littérature spécialisée sur une telle agglomération en Grèce. L'étude est fournie et d'une grande qualité issue de recherches approfondies dans les archives locales en langue grecque dans la ville de Thessalonique.

Le contenu de l'ouvrage lève des informations riches et rares sur l'histoire d'une ville si complexe et si passionnante dans son héritage. Le travail effectué sur les titres de propriétés, les archives historiques et le très bon travail de cartographie par système d'information géographique donnent une grande valeur à cette recherche et apporte une compréhension certaine pour tout passionné de ce pays et de son histoire contemporaine.

Enfin, on peut noter la qualité de la publication qui a su attirer les éditions du CNRS et la collection Espaces et Milieux et s'invite auprès d'autres ouvrages référence tels que "La Japonésie"...

On souhaiterait pouvoir disposer de tels ouvrages plus souvent!

Ma note: 8,5/10

jeudi 5 avril 2018

Olivier DESLONDES, Les Fourreurs de Kastoria

Olivier DESLONDES, Les Fourreurs de Kastoria, CNRS Editions, 1998, 228p.

Résumé:

L'émigration prolongée des fourreurs de Kastoria vers l’Europe centrale et l'occident avait fait décliner leur activité ; mais après 1960, la détaxation locale des importations de peaux a attiré à nouveau de nombreux artisans qui ont fourni l'essentiel des emplois et des revenus jusqu'en 1985. Les avantages initialement consentis par la Grèce aux négociants étrangers ont dépossédé les fourreurs kastoriens de leur indépendance commerciale et les ont réduits à sous-traiter la fabrication occidentale. Eux-mêmes contraints de réduire leurs couts de production, ils se sont débarrassés de leurs salaries et confient désormais l'exécution de leur commandes a des fauconniers que l'existence d'autres revenus permet de mal rétribuer. Le travail au noir est courant. En aggravant encore les conditions d'emploi, la récession des ventes a ravale le travail de la fourrure au rang d'activité complémentaire chez les ouvriers et les petits artisans, qui pour assurer leur existence ont à nouveau recours à d'autres sources de revenu, souvent celles d'une petite exploitation. La concentration des terres en est ralentie. La fourrure n'a donc guère contribue au développement local, et l'organisation du travail ne l'apparente que de loin aux aires artisanales mieux structurées et plus autonomes d’Italie centrale.



Mon avis:

L'ouvrage est l'étude historique et géographique de l'activité consacrée au métier de la fourrure et sa confection. Il s'agit d'un ouvrage longtemps convoité mais que je n'ai pu me procurer que dernièrement grâce à une occasion issue d'une librairie en ligne. Malheureusement, il est arrivé 13 ans après ma visite de la ville !
Olivier Deslondes aborde le sujet avec un détail et une analyse fine rarement retrouvée dans ce type d'étude géographique.  En revenant sur l'aspect historique, l'auteur décrit et approfondit la place de Kastoria et sa dépendance à l'étranger, à la diaspora et les Grecs installés dans le monde.
L'analyse est poussée et se compose de multiples données statistiques issus de différentes sources qui apportent les clés pour une compréhension complète de la thématique.  Il étudie la problématique en décrivant et décortiquant la filière, sa rigueur et sa quête de la compréhension totale du sujet vont jusqu'à une prise de hauteur allant à la comparaison avec les Districts Urbains tel que celui du Prato en Italie.
La lecture de l'ouvrage offre au lecteur une vision précise, détaillée et approfondie du métier. Olivier Deslondes démontre l'aisance à utiliser les outils disponibles pour mener à bien sa recherche. Il appelle en plus des outils techniques, certaines disciplines extérieures (histoire, sociologie) pour compléter son travail et ainsi aboutir à un document de référence incontournable sur le domaine.
Il analyse le sujet en prenant en compte toutes les échelles géographiques de la problématiques.
Une référence en matière de géographie sur la Grèce.

Ma note: 7/10

vendredi 30 mars 2018

Georges PREVELAKIS, Athènes. Urbanisme, culture et politique

Georges PREVELAKIS, Athènes. Urbanisme, culture et politique, Paris, L’Harmattan, col. Métropoles 2000, 150 pages (ISBN : 2-7384-9604-0)



Résumé :

Athènes, une ville dont l'histoire se perd dans l'Antiquité : ses paysages urbains, ses embouteillages, sa pollution contrastent avec sa gloire et ses monuments antiques. Symbole de la déchéance de la Grèce moderne ou symptôme d'une " européanisation " sans fondements solides ? Ce livre propose une relecture de l'urbanisme athénien à travers une approche de Géographie culturelle et politique et cherche à montrer que le destin d'Athènes est réversible au sein d'une Europe qui doit concilier Occident et Orient.


Mon avis :

A la manière d'un petit fascicule explicatif et touristique, Georges Prévélakis aborde simplement et efficacement la construction de la ville d'Athènes commune une capitale nationale qui a su se bâtir à partir d'une histoire tourmentée. L'auteur apporte de nombreux éclairages personnels sur cette capitale aux contradictions nombreuses. L'oeil du géopoliticien originaire de la dite capitale offre une analyse éclairée et sur ce qui fait l'urbanisme athénien et sa culture.

Le livre offre une lecture agréable et largement accessible aux non-spécialistes pour comprendre ce qui fait d'Athènes cette capitale si originale.

Ma note: 6,5/10

vendredi 23 mars 2018

Guy BURGEL - Le miracle Athénien au XXème siècle


Guy BURGEL, Le Miracle athénien au XXe siècle : 2002, CNRS Éditions, 365 p.
(ISBN 2271059461)

Résumé officiel :

Avec quatre millions d’habitants, Athènes écrase les structures démocratiques et économiques de la Grèce. Cette « macrophalie », de constitution récente, accompagne depuis 1830 la construction de la Grèce indépendante et d’une bourgeoisie cosmopolite. Dans cette expérience assez unique en Europe, les mécanismes politiques, économiques et démographiques sont toujours présents mais agissent en relais successifs. Un ouvrage qui concourt au débat d’idées sur l’urbanisation contemporaine.
Mon avis:
Je commence avec l’ouvrage de Guy Burgel. Un de mes premiers ouvrages achetés en tant qu’étudiant de géographie en 2002 et dédié complètement à la géographie grecque et particulièrement à la capitale Athénienne. Guy Burgel est ce géographe parisien qui fonde la collection « Villes en parallèle ». Spécialiste de géographie urbaine et de celle liée à la capitale grecque.
 En 365 pages et au format de poche, il aborde la croissance et l’étalement urbain de la ville. Il présente une histoire synthétique de la ville et de sa position en concurrence avec les villes de Ermoupolis, du poids des transports dans l’avènement de la ville en tant que capitale tentaculaire concentrant de plus en plus de services, d’industries et de poids politique. Son ouverture maritime est mise en évidence dans ses relations avec les îles grecques et son rôle de grand port avec la proximité directe du Pirée.
La croissance démographique est décrite et expliquée, l’ouvrage donne pleinement au lecteur les moyens de comprendre le rôle majeur et incontournable d’Athènes pour le pays, tel que Buenos Aires et Santiago du Chili qui sont elles aussi tout aussi tentaculaire.
Guy Burgel captive le lecteur plus par sa démonstration que par les cartes et les graphiques. C’est une critique facile qui n’enlève rien à la qualité de l’ouvrage. Le format de poche gêne peut-être la faculté à insérer un peu plus de documents visuels qui permettraient d’aérer la lecture. Un large spectre d’exemples basés sur des chiffres apporte au lecteur les moyens de mieux comprendre ce que ce « bulldozer » engage pour le territoire national. L’auteur dresse un portrait de la capitale à l’heure de sa rédaction, il aurait pu être intéressant d’aborder un chapitre sur ce que cette monocéphalie engage pour le pays et quelles sont les « miettes » laissées aux autres centres urbains. Quelles sont les conséquences de cette concentration pour le propre fonctionnement de la ville ? Quels sont les perspectives d’Athènes lorsque celle-ci draine autant de poids pour le pays ?

Ma note: 7/10

Jour 1 - Introduction au blog GEO.GR ou comment partager les recherches universitaires sur la Géographie de la Grèce contemporaine


Cela fait plusieurs années que j’ai ouvert ce blog. Au départ, il était dédié à une thématique ciblée sur les Balkans et la Grèce mais il s’animait d’une organisation « fourre-tout » qui ne faisait qu’agréger les articles et les informations diverses concernant cette région de l’Europe. Il s’agissait d’un intérêt personnel qui n’était pas encore canalisé pour cibler une problématique claire. Les années se passent et ne se ressemblent pas, je quitte la Grèce en 2013 après plusieurs années passées et je regagne  l’Europe Occidentale soit au plus proche du centre géographique de l’Europe : Le triangle économique Londres-Paris-Bruxelles.

De 2013 à 2018, la curiosité passionnelle qui me caractérise perdure. Il s’agit de la Géographie de la Grèce. Je poursuis donc ma quête d’informations et de documents universitaires avec l’acquisition d’études géographiques, de travaux d’universitaires spécialisés.

Cette curieuse passion dure depuis que je me suis ouvert les portes de la bibliothèque universitaire de Rennes 2 en 2000 allant jusqu’à me perdre dans ses mi-étages pour interroger les annales de géographie perdues entre deux étagères. En français, en anglais voire en allemand, j’ai pu moissonner tous les articles possibles en relation aux territoires des Grecs vivant à l’époque contemporaine. Illuminé régulièrement le samedi matin par les rayons de soleil tapant sur la petite table perdue d’un étage de la bibliothèque, j’ai compulsé nombre d’annales géographiques que personne n’a osé ouvrir durant des lustres.

Aujourd’hui, il me paraît clairement identifié que pour guérir de ce syndrome, il serait opportun de contaminer d’autres intéressés en les regroupant autour de ce blog. Je propose de discuter et d’échanger sur une bibliographie de la thématique de la géographie de la Grèce. Je mets à disposition mes connaissances sur le sujet et mes retours et comptes-rendus de lecture. Souhaitant de vifs échanges !

lundi 7 juillet 2014

Nouveau livre : "La danse des douaniers"

Voici la sortie de mon nouveau livre concernant deux thèmes principaux : Voyage et train.

"La danse des douaniers" est mon nouvel ouvrage paru le 1er Juillet 2014 aux éditions Hirio-Wac'hoaz avec le concours de l'éditeur en ligne LULU.

Il fait suite au livre "Ces Balkans qui me parlent" qui regroupait un ensemble de récits de voyage dans la région des Balkans. Ce dernier paru en octobre 2012 a vu être augmenté de cinq cartes de situation.

http://www.lulu.com/shop/arnaud-deleurme/la-danse-des-douaniers/paperback/product-21701272.html


Aujourd'hui, "La danse des douaniers" regroupe plusieurs récits de voyage à travers le monde avec principalement des histoires personnelles dans les Balkans, dans les Pays Baltes, Russie et Etats-Unis.

Moins volumineux (84 pages) que son prédécesseur, il donne la part belle au train et à l'univers du chemin de fer en contemplant les paysages et les régions traversées.

Issu de la 4ème de couverture:

Le train est ce formidable moyen de transport qui permet à chacun de découvrir de nouvelles contrées, des cultures et de nouveaux paysages.Il traverse les plaines et les montagnes. Il transperce les vallées et longe les rivières. Le voyageur intègre un microcosme comme une bulle confinée et hermétique au reste du monde et où les jeux d'acteurs sont redonnés à chaque arrêt.

Au travers de sept récits par delà le monde, le lecteur prend place sur une de ces banquettes en feutre. Il traverse les régions et les pays se moquant des limites géographiques et des Etats. Il découvre le scénario et improvise au fil du rail.

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En espérant que les Balkanophiles et amoureux du train se retrouvent et apprécieront cette courte lecture de chevet...

Précédent ouvrage: "Ces Balkans qui me parlent", 2014.

mercredi 6 mars 2013

Balkans Transit

L'article qui suit puise ses sources dans la lecture d'un ouvrage que j'ai effectué le mois dernier. Suite au conseil du Consul rencontré après lui avoir présenté mon livre, ce dernier me propose de lire le livre de François Maspéro et son captivant "Balkans Transit".

Ce livre est réellement des plus captivant lorsque comme l'auteur, on a parcouru une bonne partie de la région décrite dans son oeuvre. Je me suis saisi de Balkans Transit aux éditions de poche paru en 2000.
Fort de plus de 400 pages, le livre est illustré des photos de Klavdij Sluban, le photographe d'origine slovène qui avec François Maspéro a participé durant des mois au voyage dans les Balkans.

Les 400 pages du livre sont issues d'un voyage effectué plusieurs années avant sa publication, pendant le conflit Yougoslave. Les récits sont très intéressants puisque l'auteur aborde la vie des Yougoslaves, Bulgares, Roumains et Albanais durant la période ou l'URSS n'est plus qu'une CEE, que la République Populaire d'Albanie n'est plus sous le règne de Hoxha, où Ceaucescu vient de disparaître du paysage politique roumain.
Partant de la région Albanaise via Durrës, les deux camarades de voyage traversent l'Albanie, passent par le Nord de la Grèce, la Macédoine, puis la Bulgarie et remontent vers la Roumanie avant d'arriver au bord de la Mer Noire.

Le regard de F.Maspéro est radicalement différent de celui que j'ai durant mon voyage. Les 10 ans qui séparent Balkans Transit et Ces Balkans qui me parlent sont révélateurs d'un bouleversement géopolitique ayant des conséquences sur les sociétés locales rencontrées à la descente du train ou des bus locaux.


La lecture n'aura pas été vaine, quelques éléments et extraits m'ont particulièrement interpellé:
- Par exemple, dans ses récits il fait référence à JC Guillebaud qui conclue que le libéralisme entraîne insécurité, vols, angoisse et abattement.
- L'urbanisme de Bucarest est analysé dans l'ouvrage "Bucarestul disparut" de G.Leahu.
- L'ouvrage "Les chiens de Mort" de V.Ierunca pour une littérature concentrationnaire vécue en Roumanie en relation à la torture et la prison de Pitesti.

Egalement, des analyses et conclusions émergent de cette lecture très enrichissante car documentée. Maspéro parle de guerres balkaniques qui ont tout éclacté car soutenues par un nationalisme récent qui n'a vocation que de profiter à quelques-uns. Je vous laisse imaginer lesquels...

-Le communisme s'écroule mais ses cadres reprennent le contrôle pour continuer à profiter, à cela s'ajoute la hausse des inégalités et de l'insécurité.

-Les nationalismes confronteraient les peuples, les sépareraient et briseraient la tolérance de l'un envers l'autre, d'une langue envers l'autre.

-Les pays d'occident décident de l'avenir des peuples et des pays qui devraient avoir la main mise sur leur destin. La lutte d'intérêts se fait au profit des plus forts.

Egalement, je retrouve malgré ces 10 années passées les populations spontanées, naturelles, dévouées et ouvertes aux occidentaux, serviables, chargées d'histoire et de vie.
Enfin, je ne peux dissocier quelques mots ou expressions de cette région. Ces mêmes mots reviennent dans nos deux ouvrages:
infrastructures vieillissantes, crasse, mal construit, poussières, saleté, pas illuminé, glauque, obscur, systémisation, destruction, grands travaux, pharaoniques...

Un bon livre pour voyager ... à travers les Balkans.